Saturday, October 17, 2015
Glencore-Katanga Mining : un coup dur pour le processus électoral ?
Des
chiffres qui parlent. Rien que pour les élections présidentielles et
législatives nationales, le budget du cycle électoral de 2011 était de 456,4
millions de dollars, sur lesquels 71% devaient venir du gouvernement et 29% des
partenaires.
En
réalité, la CENI n’avait reçu que 258.658.700 dollars de la part du
gouvernement pour l’ensemble du cycle. Très peu, à vrai dire. On a vu les
résultats notamment avec l’organisation chaotique des scrutins, les nombreux
retards dans le déroulement des opérations pré et post-électorales, aussi et
surtout face à des défis logistiques incompressibles.
Pour les
années 2013-2015, le budget voté par le parlement est de $566 million. D’après
des révélations récentes du vice-président de la CENI, André Mpungwe, la
centrale électorale n’a cependant, à ce jour, reçu qu’environ $ 89 millions,
soit 17 pourcent du budget prévu.
Des voix
faisant autorité, comme celle du président du sénat Léon Kengo wa Dondo, ont
récemment indiqué, à l’occasion des consultations initiées au mois de juin par
Joseph Kabila, qu’il était possible de réduire le budget de la CENI, entre
autres en reportant les scrutins non essentiels ou en en couplant d’autres. Il
n’empêche que cette question est devenue, plus que toute autre, le nerf de la
guerre. Pour preuve, elle vient de faire l’objet d’une passe d’armes entre la
CENI et le gouvernement devant la Cour Constitutionnelle en rapport avec le
financement de l’élection des gouverneurs des provinces démembrées. Le
gouvernement ayant avoué son impuissance, les observateurs se demandent
désormais comment le cycle électoral en cours sera financé sans le concours des
partenaires traditionnels.
La
mobilisation des ressources est ainsi en train de devenir une question
importante dans la controverse électorale qui
mobilise le pays. Avec d’autant
plus d’acuité que, depuis plusieurs mois, il est annoncé de fortes turbulences
dans la mobilisation des recettes, notamment en raison de la baisse des prix
des matières premières sur le marché mondial. On sait que la
République Démocratique du Congo dépend pour une large part de ses recettes d’exportation de la vente des
minerais, notamment de cuivre, dont la RDC est le producteur le plus important
en Afrique, et de cobalt, dont elle est le premier producteur au monde.
Cette
baisse des prix, qu’on peut expliquer par le ralentissement de la croissance en
Chine, a conduit le géant minier suisse Glencore PLc à suspendre pour une année et demie la
production de cuivre et de cobalt de sa filiale Katanga Mining Ltd. L’objectif,
assure le groupe suisse cité par l’agence Bloomberg, est de mettre ce délai à
profit pour construire de nouvelles installations permettant le traitement des
minerais avec de faibles coûts de production.
Un coup très
dur, en somme. D’autant que Katanga Mining Ltd représente à lui seul 15
% de la production totale de cuivre en RDC, et a payé en 2014 environ $300
million en taxes. D’où l’inquiétude sur ce que sera l’impact de la décision de Glencore sur le niveau des
recettes d’exportation de la RDC et par conséquent sur le budget global de
l’Etat et, de manière spécifique, sur l’organisation des élections que la RDC
espère financer sur fonds propres afin de contourner la communauté
internationale qui conditionne son soutien à un certain nombre de préalables.
Bloomberg
explique que la décision de Glencore fait suite à une année catastrophique pour
la multinationale, dont les actions ont plongé de 70% cette année en raison de
la chute des prix des matières premières. Ce qui a forcé l’entreprise à vendre
encore des actions. L’agence note au moins deux conséquences de ce nouveau
développement. Premièrement, la chute de la production dans un secteur déjà
frappé par la baisse des prix des matières premières. Deuxièmement, la baisse
des recettes de l’Etat en termes d’impôts et dividendes, couplée au paiement
des intérêts de la dette de Kamoto Copper Co. Soixante pourcents des
investissements de Glencore dan Katanga Mining sont en effet représentés par
les prêts consentis par le groupe suisse à Kamoto Copper Co.
Fin juin,
cette dette représentait 2,91 milliards de dollars payables à un taux de 10% à
l’échéance de 2021. En d’autres termes, fin période et après 18 mois
d’inactivité, la dette devrait augmenter de 459 millions de dollars, assure
Bloomberg. Avant de souligner que dans l’hypothèse où Glencore devait ajouter
un investissement additionnel de 880 millions comme annoncé pour redimensionner
les installations de Katanga Mining, la dette se chiffrerait à 3,71 milliards,
tandis que les intérêts augmenteraient, durant la période de suspension, à 597
millions.
Scrutant
l’avenir, les observateurs se demandent quel impact la chute des cours des
matières premières, la suspension de la production de Katanga Mining et
l’augmentation des intérêts dus à Glencore pourraient avoir sur la capacité du
gouvernement congolais, qui a récemment avoué son impuissance devant la Cour Constitutionnelle,
à financer le cycle électoral 2016.
Les débats
attendus au parlement sur le budget de l’exercice 2016 apporteront peut-être un
éclairage. Cependant, il n’est pas sans signification de noter que le projet de
budget déposé par le gouvernement présente un recul d’environ un milliard de
dollars par rapport à l’exercice en cours (8 milliards contre 9 milliards). Des sources au niveau de la primature renseignent que le gouvernement est en train de resserrer la ceinture.
Pour
autant, les inquiétudes somme toute légitimes soulevées par cette question
pourraient être atténuées à la faveur d’une autre opération de vente d’actifs
miniers. Il s’agit, cette fois, de la société minière canadienne Ivanhoe Mines
Ltd, elle aussi spécialisée dans la production du cuivre. Cette société vient
de conclure la vente de 49,5% de son projet Kamoa au groupe chinois Zijin
Mining Group Co, faisant du coup bondir ses actions en bourse. Bloomberg
précise que cette vente a été longtemps bloquée en raison d’un différend entre
le groupe canadien et le gouvernement congolais qui souhaitait voir la part de
l’Etat passer de 5 à 20%. Notant que
cette transaction vient d’avoir lieu dans la foulée de la visite du chef de
l’Etat en Chine à la mi-septembre, les observateurs n’excluent pas qu’à terme,
la RDC décide à son tour de céder ses propres actions au même groupe chinois,
comme une source de recettes exceptionnelles à affecter au processus électoral.
Thursday, October 8, 2015
Jean Kenge: Les paris sont lancés
C’est un véritable coup dur que vient
d’enregistrer la majorité présidentielle. Même si nombre d’observateurs s’y
attendaient, même si pour le porte-parole du gouvernement, lors de sa
conférence de presse du jeudi 1er octobre, cela ne constitue en rien
un événement, la démission le mardi 29 septembre de Moïse Katumbi Chapwe, en
tant que gouverneur de l’ancienne province du Katanga et membre du PPRD, a fait
l’effet d’une bombe.
Pour preuve, Lambert Mende lui-même a pris
près de 20 minutes lors de son point de presse pour évoquer la question. Sur
les réseaux sociaux, en revanche, ce sont des bravos à profusion qui ont salué,
à tort ou à raison, l’initiative de Moïse Katumbi face à une minorité qui le
dénigre, mais aussi à une opposition qui se demande quelle attitude adopter à
son endroit.
La démission de Moïse Katumbi arrive après la
fronde du G7, puis l’expulsion mouvementée de ses membres des rangs de la
majorité présidentielle, confirmant ce que plusieurs analystes n’avaient pas
manqué de souligner depuis plusieurs mois et semaines, à savoir que le malaise
était plus profond qu’on ne voulait bien le faire croire au sein de la majorité
et, plus récemment, que la fronde du G7 n’était que la face visible d’un
tsunami dont les vagues successives risquaient, à terme, de dépeupler la
majorité et d’isoler le pouvoir de Joseph Kabila, de plus en plus contesté à
l’intérieur et critiqué par les partenaires extérieurs.
L’ascension de Moïse Katumbi, c’est d’abord
l’histoire des débris d’un club de football légendaire, le TP Mazembe
Englebert, que l’homme rassemble au milieu des années 90 dans la lignée d’un
grand-frère, Soriano Katebe Katoto, homme d’affaires prospère ayant fait
fortune dans l’industrie du poisson, aujourd’hui leader politique exilé en
Belgique, qui en fut le manager du temps
de sa marche triomphale sur le continent à la fin des années 60 et début de la
décennie 70. Un club qui a repris, sous Moïse Katumbi, sa marche ascendante sur
le continent, remobilisant les Congolais amoureux de football et leur proposant
un style de management qui a séduit dans bien des provinces où certains l’ont
érigé en modèle.
C’est ensuite l’histoire d’une famille ayant
réussi à creuser, pour chacun de ses fils,
un itinéraire lumineux qui a fait de Moïse Katumbi , un homme d’affaires
dont la fortune s’est construite dans les minings et le transport, un manager
avisé, un homme politique ne manquant ni d’audace ni d’imagination. Jusqu’à le
pousser à faire main basse, au milieu des années 2000, sur le PPRD-Katanga,
avant de devenir gouverneur de la plus riche des provinces de la RDC, d’y
implanter un personnel politique à son image, mais aussi des regroupements des
jeunes qui lui vouent un culte passionné.
La saga Moïse Katumbi est un mélange détonant
qui a fait de l’ancien gouverneur du Katanga la cible de toutes les attaques,
après l’avoir poussé à prendre des initiatives inédites pour marquer sa vision,
son ambition et sa rébellion. A l’instar de cette métaphore restée célèbre des
trois penalties lancée en début d’année pour marquer sa désapprobation de
l’initiative visant l’obtention d’un troisième mandat pour le chef de l’Etat,
ainsi que son attachement au principe de l’alternance démocratique. Une
initiative évidemment considérée au sein de la majorité comme un crime de
lèse-majesté. Mais qui était en réalité le signe avant-coureur de l’esprit G7 -
dont certaines langues disent que Moïse Katumbi pourrait être le leader - et
d’une rébellion originale, au point de lui valoir, début juin, ensemble avec
trois autres gouverneurs de province, des menaces de poursuites judiciaires.
N’empêche,
le mal est fait. L’homme qui vient de démissionner du PPRD et du poste
de gouverneur n’était pas seulement l’un des éléments clés du pouvoir de Joseph
Kabila. Il avait aussi et surtout pris, au fil du temps, les traits de celui
qui était en mesure, par une offre politique audacieuse, d’activer
d’intéressantes connexions parmi les partenaires traditionnels de la RDC, de
diviser le clan katangais ainsi que la riche province dont il partage les
racines sociologiques avec Joseph Kabila.
La question n’est donc plus, à ce stade, de
savoir à quand la prochaine défection et qui risque-t-elle de concerner tant
sur la scène politique nationale qu’à l’échelle du Katanga. Elle interroge
plutôt l’avenir le plus proche des Congolais quant à l’impact des récents
développements, y compris le divorce fracassant de Moïse Katumbi avec la
majorité, sur le débat politique, en
termes de recomposition du paysage politique et du sort du cycle électoral dont
le tangage, depuis le début de l’année, a fini par désespérer les plus
optimistes des pronostiqueurs.
Tout récemment, la «bipolarisation» était
apparue comme la conséquence inéluctable
d’une évolution qui tendait à mettre face à face deux camps lancés, l’un et
l’autre, dans une bataille féroce pour, le premier, la conservation du pouvoir
et, le deuxième, à défaut de sa conquête, à tout le moins le respect des
dispositions impératives de la constitution et du principe de l’alternance.
C’est un phénomène qui plonge ses racines loin
dans les avatars de la politique zaïro-congolaise des années 90. L’impasse
politique issue de la conférence nationale souveraine avait projeté une scène
politique fragmentée en deux camps opposés. Le premier, assimilé au statu quo,
était représenté par les Forces Politiques du Conclave (FPC), une coalition
organisée autour du MPR, parti politique dont le maréchal Mobutu était le
fondateur, et comprenant les forces politiques et sociales soutenant le chef de
l’Etat de l’époque. Le deuxième, se présentant comme le camp du changement,
comptait les forces politiques et sociales réclamant le départ du président de
la République de l’époque, avec l’Udps comme locomotive.
Seulement voilà, il eut aussi une troisième
voie, représentée à l’époque par ceux qu’on avait appelés «les experts» rangés
derrière Léon Kengo wa Dondo à travers l’Union des Démocrates Indépendants
(UDI), dissident en premières noces de la famille politique du maréchal Mobutu,
puis, accueilli par l’opposition, deuxième fois dissident, cette fois de
celle-ci, sous la bannière d’une plateforme appelée «URD».
L’histoire serait-elle, par une sorte d’ironie
du sort, un éternel recommencement? Les derniers événements survenus en RDC –
qu’il s’agisse de la suspension des contacts entre l’Udps et le pouvoir, de la
lettre du G7 suivie de l’exclusion de ses membres de la Majorité
Présidentielle, de la révocation et ou de la démission de leurs collaborateurs
oeuvrant dans les institutions, du réaménagement technique du gouvernement
ainsi que du blocage du processus
électoral, auxquels il faut désormais ajouter la démission de Moïse Katumbi –
portent en effet les germes d’une radicalisation rampante, mais aussi d’une
bipolarisation qui confirme que le pays est bel et bien engagé dans une
impasse, dont se dégagent à ce stade deux enseignements majeurs. En premier
lieu, Joseph Kabila n’a toujours pas clarifié sa position par rapport à la fin
de son mandat. Deuxièmement, cette position pourrait induire une logique de
confrontation avec les forces politiques et sociales déterminées à faire
respecter la constitution dans ses dispositions intangibles.
Reste que la situation est loin d’être aussi
claire. Si l’opposition n’offre individuellement ou collectivement, ni des
ressources crédibles pour une véritable mobilisation à l’échelle nationale, ni
des stratégies cohérentes autour d’une alternative crédible, il est tout aussi
indiscutable que la majorité est sortie affaiblie des derniers épisodes du
feuilleton politique congolais, au point qu’elle offre aujourd’hui un champ
propice à toutes les hypothèses et à tous les opportunismes. On craint même,
selon plusieurs observateurs, que le phénomène de défection au sein de la
majorité aille s’amplifiant au regard de l’aspiration unanime à l’émergence
d’une véritable tradition démocratique en RDC. A l’instar, justement, du gouverneur de l’ancienne province du
Katanga, dont tout permet de penser que la démission entraînera beaucoup d’autres
parmi ceux des membres de cette famille politique tentés de penser que, plutôt
que de tout perdre, celle-ci aurait intérêt à abattre d’autres cartes que celle
de Joseph Kabila pour espérer conserver le pouvoir et organiser l’alternance
dans le calme.
Les limites d’une bipolarisation-bis se situent
là. Si les observateurs doutent de la capacité de la majorité à fédérer, à
proposer, à convaincre une opinion nationale de plus en plus dubitative, mais
aussi et surtout les partenaires traditionnels, dont le poids avait été si
déterminant dans les choix opérés en 2001, 2006 et 2011, il n’est en revanche
pas évident que l’opposition et le G7 auront dans un avenir plus ou moins
proche un agenda commun, le deuxième ayant toutes les raisons de craindre
d’être phagocyté par la première, celle –ci se posant légitimement la question
de savoir jusqu’où Moïse Katumbi ne sera
pas tenté de s’infiltrer pour mieux diviser, ou jouer au loup solitaire dans un
pays qui a ses références et ses certitudes.
Il n’est pas non plus exclu que, contrainte et
forcée par les événements, la majorité finisse par s’incliner et récupérer
malgré elle ses enfants rebelles dans l’espoir de conserver le pouvoir. A
condition, évidemment, que la guerre de positionnement et les règlements des
comptes n’aient entretemps achevé ce qui reste encore de la famille politique
du chef de l’Etat.
De plus en plus illisibles, de plus en plus
risqués, les paris sont lancés.
Wednesday, September 30, 2015
Playing for Time and Ultimate Power in Kabila’s Congo
This article was written for Foreign Policy and can be found here.
On Sept. 15, a crowd of several thousand rallied in Kinshasa, the capital of the Democratic Republic of the Congo. Organized by opposition parties, the demonstration was protesting what it perceived as President Joseph Kabila’s attempts to postpone the country’s 2016 presidential elections. Albeit small and hardly a threat to Kabila, the protests rankled his increasingly skittish government. Eventually, a band of thugs — reportedly sent by the government — broke up the protests, resulting in a bloodyclash with opposition supporters. This was no isolated instance: In January, government forces brutally repressed opposition demonstrations. Authorities have also arrested prominent youth activists and oppositions leaders over the past year.
The stakes of Congo’s upcoming elections are high. The country’s constitution bars Kabila, who has ruled the country since 2001, from running for a third five-year term. If he stands down in December 2016 at the conclusion of his current term, it would mark the first peaceful transfer of executive power the country has seen in decades. Under his rule, the Congolese economy has quadrupled in size, and the country has largely emerged from a civil war (low-grade violence still affects millions in the east). Senior officials, include some close to the president, have also made a fortune thanks to the privatization of the mining sector.
But the Congolese are bracing themselves for more unrest, as Kabila’s onetime allies break with him and the streets of Kinshasa and other major urban areas grow increasingly restless. Whether or not full-on turmoil breaks out rests largely on the president’s decision about his own political future. And so far, Kabila seems eager to extend that future, indefinitely.
As a prerequisite for the November 2016 presidential election, Kabila’s government has insisted on first holding local elections to select mayors, local councilors, and administrators. But these elections, slated for Oct. 25, will be the most complex the country has ever attempted, with some 8,000 seats up for grabs. Election officials agree, in private, that it will be impossible to hold the polls this year due to their logistical complexity, cost — up to $1.1 billion — and a basic lack of resources. Kabila, however, seems intent on forging ahead. On Aug. 26, he signed a law allocating seats for the upcoming local elections, meaning that the government is determined to proceed with risky polls that have a high likelihood of failure. If they do fail, presidential elections will likely be delayed.
This fits with what Congo-watchers refer to as Kabila’s strategy of glissement, French for slippage: creating a plethora of administrative and political imbroglios requiring precious time and resources to resolve. These imbroglios include the election scheduling issue, as well as the administering of a national census, which has been shelved for the moment. Another part of glissement is découpage, or cutting up: the creation of at least 26 provinces to replace the current 11. While the 2006 constitutioncalled for this change, it was not until last year that Kabila began to treat this as a priority, leaving many to question his timing. Regardless of the rationale behind the process, it will undoubtedly drain further resources from the state budget and further delay the electoral process. Such is glissement.
If Kabila insists on staying on, it will almost certainly stir trouble, both within Congo’s fractious political elite and on Kinshasa’s unpredictable streets. On Sept. 14, seven political parties, all members of the ruling coalition, wrote to the president, denouncing his “unstated intention not to respect the constitution” and suggesting that this was “a suicidal strategy.” The same day, all seven signatories, including the national security advisor, the minister of planning, and the vice president of the national assembly, were promptly fired. According to officials close to this Group of Seven, as these dissidents are now known, they are backed by Moise Katumbi, governor of the mining-rich southern province of Katanga. Katumbi, who has been employing a lobbying firm in Washington, D.C., to promote his presidential ambitions, has deep pockets and is well-connected among the foreign business community. On Sept. 29, Katumbi officially resigned from Kabila’s party, the People’s Party for Reconstruction and Democracy, a probable precursor to launching his own campaign.
Alongside this political fracturing, Kabila also must manage the mercurial tempers of Kinshasa’s 12 million people, most of whom are desperately poor. Predicting an impending Congolese Spring is a common pastime, but until recently there were few signs of sustained popular mobilization. While the opposition managed to draw hundreds of thousands of people to the streets in the run-up to the last presidential polls in 2011 — an election widely believed to have been rigged in Kabila’s favor — government forces quickly and brutally suppressed unrest.
This time might be different. Under the leadership of Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, the Catholic Church — one of the largest providers of social services in Congo — has grown increasingly critical of Kabila. In private, senior church officials have told me that they would back popular protests if Kabila tries to hang onto power; the church itself, however, is internally divided over the extent to which it should be involved in politics.
Kabila is preparing himself for the storm to come. In an effort to divide his opponents and placate the streets, he has courted the main opposition party, the Union for Democracy and Social Progress (UDPS), led by the octogenarian Étienne Tshisekedi. Representatives from both sides held secretive talks in Venice and Ibiza in recent months, discussing the contours of a potential national dialogue to resolve the dispute over the sequence of elections. The voter register is also contentious, as up to 8 million Congolese who have reached voting age since the last elections do not yet appear on the official rolls — although, according to foreign diplomats, hundreds of thousands of dead people do. On Sept. 13, however, the UDPS announced that talks had broken down. Its leaders claimed that the government was attempting to co-opt the UDPS into a national unity government in order to postpone the presidential elections indefinitely.
Kabila also finds his international support waning. Congo still benefits from the world’s largest peacekeeping mission — around 20,000 blue helmets are deployed there currently, costing $1.3 billion a year — and a fair share of its budget is funded by foreign donors. Nonetheless, U.S. criticism of Kabila has grown increasingly strident. During his tenure as the Obama administration’s special envoy for Africa’s Great Lakes region, Sen. Russ Feingold called for Kabila to step down at the end of his term on several occasions. His Belgian, French, and British counterparts support this stance but have been less outspoken.
But Kabila may be able to pivot away from Western support. Donor contributions to Congo have declined in recent years, going from 42 percent of the country’s budget in 2010 to 19 percent in 2015, as mineral production has increased dramatically. As of last year, Congo is now Africa’s largest copper and cobalt producer, though therecent commodity slump has dampened its ambitions somewhat. Still, though global giants like Glencore have begun shutting down some mines, they have sunk so much money into Congo that they are committed to toughing it out.
As Congo has tried to wean itself off foreign donors, Kabila has asked for a scaling down of the U.N. peacekeeping mission, claiming that violence has decreased and the state security forces have improved, and is looking increasingly toward China for support. While the $6 billion infrastructure-for-minerals deal concluded between the countries in 2007 has been slow to reap dividends for both sides, Kabila’s trip to Beijing in August and the recent sale of lucrative mining concessions in Katanga to two Chinese companies — Zijin Mining Group and Huayou Cobalt — confirm this eastward turn.
Critically, it appears that Kabila can still count on support from influential neighbors on the continent, in particular Angola, which shares (somewhat unequally, according to many Congolese) large offshore oil fields with Congo, and South Africa, whose companies have invested $865 million in Congo since 2006.
In the end, Kabila’s plans are still unclear. He may still try to launch a frontal attack on the constitution to change term limits, and on Sept. 22 members of his coalition submitted a law preparing for a constitutional referendum. Playing for time, however, is a risky strategy, and Kabila has often spoken, in public and private, about not wanting to end up like two of his heroes — his father, Laurent Kabila, and Congo’s first prime minister, Patrice Lumumba, both of whom were assassinated in office. The current view from the presidential palace cannot be comforting: The Congolese security forces are riven with internal divisions and patronage networks while the combination of a divided elite, an incensed population, and foreign opprobrium signals troubled waters ahead.
Monday, September 21, 2015
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